Ce qui me désole c’est que ces corps de toute beauté, partagés sur Tumblr ne sont que des chimères, des rêves éveillés, qui donnent l’illusion de ne pas avoir vieilli, de faire partie de ce monde. Hélas rien de tout cela, ce piège est cruel et enivrant. Non seulement ces beautés, ces femmes légères, ces seins sublimes, ces corps de rêve, ces poses lascives, ces caresses si précises… ne seront jamais à ma portée, mais l’âge n’aidant pas, même le présent et le réel s’échappent. J’ouvrais grand mes yeux dans la rue pour profiter du soleil, de la chaleur de cet été finissant et rêvais en croisant ces formes langoureuses, ces lianes envoutantes. Puis je me suis demandé ce que je faisais là. Soudain un vide sidéral. Que devais je regarder? Me retourner sur une jeune femme de 20 ans?…ni pensons pas. Une trentenaire? Que ferait elle de moi son père? Une quadra? Si proche et si loin, trop loin. Une quinqua? Encore trop vieux à leur faire peur. Soixante alors? Soixantehuitardes de coeur elles se tournent vers leurs fantasmes le jeune étalon, le black, que feraient elles d’un pair? Septuagénaire alors…? Là c’est moi qui m’écroule. Finalement on s’aperçoit que la vie est passée, que le bon est derrière, que toute cette profusion de sexe est définitivement pour d’autres. Ce n’est pas de l’amertume, une simple constatation, celle de ne plus être à la place qu’on croyait avoir dans sa tête. Celle d’être devenu vieux, en l’espace de quelques secondes, le temps de s’apercevoir que le miroir est sans tain et que je suis de l’autre côté et personne ne me vois. Et il me reste encore tant d’années à vivre avec ce sentiment d’immense solitude.
Fin du blog.